La vie de vos quartiers

1- L’Histoire de Marseille....



1- L’Histoire de Marseille....

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La fondation par les Phocéens

La tradition date de l’an 600 avant notre ère la fondation de Marseille, ce qui en fait, aux yeux de l’Histoire, la ville la plus vieille de France.

Vers cette date en effet, des Phocéens (Phocée était une importante cité grecque, sur la côte ionienne de l’Asie mineure, près de l’actuelle Izmir) explorent les côtes de la région, qui leur rappellent par bien des points celles de leur pays, en vue d’implanter un relais commercial en Méditerranée occidentale.

Un incroyable concours de circonstances préside à leur établissement. La flottille phocéenne, sous les ordres de Protis, accoste dans un port naturel, au pied d’une colline. Ce plan d’eau, d’une quarantaine de nos actuels hectares, orienté est-ouest, offre l’avantage d’être à l’abri des vents violents si fréquents dans cette zone. Après avoir débarqué, les marins sont invités par Nann, chef de la tribu locale des Ségobriges, à participer aux festivités organisées à l’occasion du prochain mariage de sa fille, Gyptis. Cette dernière n’apparaît qu’à la fin de la fête, amenant selon la coutume une coupe de vin destiné à être bue par celui qu’elle choisira comme époux. A la surprise générale, c’est devant Protis qu’elle s’arrête, lui offrant le breuvage. Nann interprète ce geste inouï comme un présage des dieux, accepte le choix de sa fille et offre en dot aux jeunes mariés la partie nord de la rade (le Lacydon, actuel Vieux-Port) où la flotte des Phocéens a mouillé.

Massalia (future Marseille) peut entrer dans l’Histoire.

Massalia la grecque

Alors que sa métropole Phocée connaît des temps troublés (elle finira par être détruite par les Perses en 545 avant Jésus Christ), Massalia prospère. Elle accueille les phocéens en exil puis, à son tour, fonde des colonies : les actuelles Antibes et Nice à l’Est, Agde à l’Ouest.

Au tournant des Ve et IVe siècles, le massaliote Euthymènes quitte le Lacydon pour explorer les côtes de l’Afrique (les actuels Sénégal et golfe de Guinée). Un siècle plus tard, l’explorateur et géographe Pythéas atteint l’Islande et le Groenland, et approche du cercle polaire.

A cette époque, Massalia compte entre 30 000 et 40 000 habitants, ce qui en fait le plus grand centre urbain de Gaule. Sa prospérité est entièrement fondée sur le commerce.

A l’époque romaine

Forte d’une population qui se maintient autour de 60 000 habitants, la ville conserve son influence et son indépendance, dans la mesure où elle reste étrangère aux intrigues politiques qui jalonnent l’histoire de la république romaine.

Toutefois, en 49 avant Jésus Christ, Massalia, refusant de choisir entre César et Pompée dans la guerre civile qui les oppose (tout en préférant le second), est assiégée et prise par les troupes de Jules César. Elle est mise à sac, et perd l’essentiel de sa population grecque. Elle est renommée Massilia et perd son lustre pour des siècles.

Conséquence de l’Édit de Milan en 313, accordant la liberté de culte aux chrétiens de l’empire, la présence chrétienne devient officielle. L’évêque marseillais Oresius participe au concile d’Arles. L’un de ses successeurs, Proculus, accueille Jean Cassien qui importe d’Orient la dévotion à Saint-Victor. Le Ve siècle voit la construction de la première cathédrale et d’un baptistère.

Le haut Moyen Âge

Après la chute de l’Empire d’Occident en 476 après Jésus Christ, que l’Histoire considère comme le début du Moyen Âge, Marseille passe successivement sous la domination des Wisigoths, puis des Ostrogoths, enfin des Francs (officiellement en 537, en pratique deux siècles plus tard, sous le règne de Pépin le Bref).

C’est une période sombre pour la ville, qui est prise et pillée à de nombreuses reprises, par les Francs (736-739) comme par les Sarrasins (838, 848), et connaît ses premières épidémies de peste (591, 599, 650).

Au Xe siècle, une nouvelle entité politique, le royaume de Bourgogne-Provence, chasse les Sarrasins de Provence et fait cesser la domination franque sur Marseille. L’histoire de la cité est désormais liée aux destinées du Comté de Provence, soumis en droit à l’Empire Romain Germanique.

Le bas Moyen Âge

Au cours des siècles suivants, les Croisades sont une importante source de prospérité pour la ville. Les Templiers installent à Marseille une base destinée au transport et au ravitaillement des pèlerins à destination de la Terre Sainte ; la bourgeoisie marchande, qui gouverne la ville selon le modèle italien, s’enrichit dans le commerce avec le Levant ; le roi de Jérusalem accorde de considérables privilèges commerciaux aux Marseillais. Ce nouveau dynamisme se traduit par des constructions (le Fort Saint-Jean et le clocher des Accoules restent les témoins de cette période de l’Histoire) et un accroissement de la population.

Le début du XIIIe siècle est à nouveau une période de peste (1248) et de conflits, conjuguant les antagonismes religieux (entre la ville, ses évêques, l’abbaye, la papauté) et féodaux (entre le roi de France et le comte de Toulouse). Ils aboutissent au triomphe de Charles Ier d’Anjou, frère de Saint-Louis, qui, en ajoutant le royaume de Naples et de Sicile à ses possessions provençales, semble redonner vie au royaume de Provence.

Malgré une nouvelle épidémie de peste en 1347 (16 000 morts à Marseille et point de départ de la grande peste qui tuera près d’un tiers de la population française, ce qui en fait le pire fléau de l’histoire de France), une guerre civile entre provençaux en 1383, et une mise à sac de la ville par les Catalans en 1423 (qui provoquera l’ajout d’une tour carrée au Fort Saint-Jean), Marseille, qui a rejoint le royaume de France en 1482 suite au testament du dernier comte de Provence, sort du Moyen Âge en connaissant une forte expansion économique. C’est aussi l’époque où Massilia prend son nom moderne de Marseille.

A la fin du XVe siècle, en prévision des guerres d’Italie qui se profilent, les rois de France refont de Marseille un port de guerre et créent les premiers arsenaux sur les flancs du Vieux-Port, favorisant encore cette croissance.

La Renaissance

François Ier, fêté en 1516 dans notre ville au retour de sa victoire à Marignan, décide d’un nouveau développement du port militaire et de la construction d’un fort sur l’île d’If (l’actuel Château d’If). De même il fait fortifier la colline de Notre-Dame-de-la-Garde en 1536, alors que Charles Quint vient d’échouer à prendre la cité.

L’histoire de la seconde moitié du XVIe siècle est marquée par la naissance de l’industrie du savon, une nouvelle épidémie de peste en 1580, la fondation de l’hôpital dit "Hôtel-Dieu" en 1593 et l’apparition de luttes religieuses en raison du nouveau règlement municipal (dit "Règlement d’Angoulême") qui réserve l’administration de la ville aux catholiques.

Le siècle de Louis XIV

Le marseillais le plus célèbre du XVIIe siècle est le grand architecte et sculpteur Pierre Puget, né en 1620. Marseille lui doit notamment la Vieille Charité (ensemble architectural destiné à abriter les vagabonds et les orphelins, construit en pierre rose et blanche, dont la chapelle à coupole ovale est un exemple de style baroque français), le médaillon aux armes de France de l’Hôtel de Ville, et un projet malheureusement sans suite de Place Royale sur l’emplacement de l’actuel Quai des Belges.

Sur le plan politique, la ville, tout juste remise de l’épidémie de peste de 1649-1650, entre en quasi-rebellion contre l’autorité royale. Louis XIV en personne, à la tête de ses troupes, s’empare en 1660 de la cité après avoir fait détruire la porte principale et pratiquer une brèche dans les remparts.

Il réforme les institutions municipales, fait construire le fort Saint-Nicolas et renforcer le fort Saint-Jean (autant pour surveiller les marseillais que pour protéger la rade...) et établit une garnison dans la ville.

En 1665, il constitue une puissante Flotte des Galères ; l’Arsenal, qui s’étend sur la rive sud du port (l’actuel Quai de Rive-Neuve), travaille à la chaîne, afin de lui fournir les navires nécessaires à sa politique méditerranéenne. Nicolas Arsoul, nommé intendant des galères, met en chantier l’agrandissement de Marseille, malgré l’hostilité initiale des habitants à la destruction des anciennes murailles.

Parallèlement, un édit de Colbert accorde à Marseille en 1669 le monopole du commerce avec le Levant. Ce surcroît d’activité amène la ville à tripler de superficie, et à se doter d’ensembles monumentaux et de nouvelles promenades (la première mention d’une rue nommée Cannebière remonte à 1677).

Marseille développe aussi son industrie : sucre, faïence, savon (dont la fabrication est réglementée en 1688).

La Révolution et l’Empire

Marseille, forte de ses 120 000 habitants, entre très tôt en révolution. Dès mars 1789, des émeutes éclatent contre l’oligarchie municipale ; c’est à grand-peine que le Comte de Caraman, à la tête d’une véritable armée, les réprime. On comprend donc que, dès le 18 juillet, date à laquelle est connue la prise de la Bastille, la ville bouillonne d’effervescence révolutionnaire.

Ce caractère rebelle suscite la méfiance des autorités, qui lui préfèrent Aix-en-Provence au moment de choisir un chef-lieu au département des Bouches-du-Rhône, créé en mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789.

De nombreux clubs révolutionnaires voient le jour. L’un d’eux, la "Société patriotique des amis de la Constitution", sis rue Thubaneau, est créé en avril 1790. Ce club diffuse les idées jacobines et contrôle la municipalité. Un événement qui s’y produit en juin 1792 va lui valoir une place dans l’histoire de la Révolution.

Suite à un courrier du député marseillais Barbaroux, le maire de Marseille se voit invité à lever un bataillon de six cents "hommes sachant mourir" pour défendre la Révolution. Le club, après avoir voté la mesure, organise un banquet au cours duquel François Mireur entonne le "Chant de Guerre de l’Armée du Rhin" que vient de composer un certain Claude Joseph Rouget de Lisle. Les Fédérés prennent la route le 2 juillet et, tout au long des vingt-sept jours de leur marche vers Paris, popularisent cette chanson.

Le 10 août, ces marseillais s’illustrent lors de la prise des Tuileries, qui entraîne la chute de la monarchie. Le Bataillon entre dans l’histoire ; le succès de son hymne est tel qu’il sera déclaré chant national le 14 juillet 1795 : on le connaît depuis aux quatre coins du monde sous le nom de "La Marseillaise".

Les années suivantes sont particulièrement chaotiques : de janvier à février 1794, Marseille est appelée "la ville sans nom" en raison de sa participation à l’insurrection fédéraliste contre la Convention ; fin septembre, l’arrestation de jacobins provoque de violentes émeutes ; le 5 juin 1795, les jacobins enfermés au fort Saint-Jean sont massacrés ; les élections municipales de juillet 1796 sont gagnées par les républicains, mais le résultat est annulé par le Directoire le mois suivant.

De fait, en 1799, le coup d’état du 18 Brumaire par Napoléon Bonaparte est favorablement accueilli à Marseille. La famille Bonaparte est bien connue à Marseille, puisque Joseph est marié à Julie Clary, fille d’un prospère négociant de la cité, et que Napoléon a été fiancé à Désirée Clary (soeur de Julie, future reine de Suède par son mariage avec Jean Baptiste Jules Bernadotte).

Dès 1800, la ville devient le chef lieu du département des Bouches-du-Rhône. Le Premier Empire lui permet de retrouver une certaine stabilité politique (municipalités d’Anthoine de 1805 à 1813, puis Montgrand) mais son économie stagne.

Marseille au XIXe siècle

Sur le plan économique, on considère le XIXe siècle comme le second âge d’or de l’histoire de Marseille. La ville renoue avec la prospérité des temps antiques, grâce essentiellement à son port ("rendez-vous du monde entier", pour citer Alexandre Dumas).

Plusieurs facteurs successifs vont favoriser l’activité portuaire tout au long du siècle :
- la fin de la piraterie barbaresque ;
- l’apparition de la navigation à vapeur (c’est en 1818 qu’un "steamer" mouille pour la première fois à Marseille) ;
- la conquête de l’Algérie à partir de 1830 ;
- le percement du canal de Suez en 1869, qui ouvre au port de Marseille les portes de l’Orient.

Par voie de conséquence, la zone portuaire déborde de son périmètre historique (le Vieux-Port) et s’étend à partir de 1844 aux rivages Nord : les actuels bassins de la Joliette sont ouverts en 1853, ceux du Lazaret et d’Arenc en 1856.

L’accroissement territorial et démographique de la ville est à l’origine d’un chantier majeur du siècle : l’adduction des eaux de la Durance, décidée dès 1834 par le maire Maximin Consolat ; cette mesure s’impose d’autant plus que sévissent cette année-là une grande sécheresse et une épidémie de choléra.

La construction d’un canal de 87 km, par 5000 ouvriers sous la direction du jeune ingénieur Franz Mayor de Montricher, demande onze ans de travaux, et l’eau de la Durance arrive le 8 juillet 1847 à Marseille.

En 1862, afin de commémorer cet événement, l’architecte Henry Espérandieu (1829-1874) est chargé de réaliser un monument, le Palais Longchamp, qui sera inauguré en août 1869.

Cet architecte est déjà bien connu des Marseillais, qui lui doivent la réalisation du monument qui deviendra emblématique de leur ville : la basilique de Notre-Dame de la Garde, édifiée à partir de 1853 et consacrée en 1864.

L’autre grand chantier du siècle est, comme partout en France à cette époque, lié à l’arrivée dans notre ville du chemin de fer. Dès 1843, la concession d’une ligne de chemin de fer de Marseille à Avignon est attribuée à Paulin-François Talabot (futur créateur de la compagnie PLM). Marseille est reliée à Avignon en 1848, à Lyon en 1854. Simultanément, l’accès au centre-ville est facilité par l’édification en 1845 d’une gare sur la butte Saint-Charles. En 1857, la "ligne impériale" Paris-Marseille est terminée.

Sur le plan industriel, Marseille connaît un essor considérable avec des huileries et savonneries (souvent propriété du même entrepreneur, puisque les secondes utilisent le résidu des premières), des minoteries, des fabriques de pâtes, des raffineries de sucre, des distilleries, une manufacture des Tabacs, des tanneries, des corderies, des tonnelleries, des cartonneries, toutes activités étroitement liées à l’activité portuaire.

Les communications sont favorisées par de nouveaux modes de transport ou de nouvelles voies :
- création d’un service d’omnibus en 1840, relayé en 1879 par le tramway ;
- aménagement de la promenade de la Corniche de 1848 à 1863 ;
- prolongement de la Canebière en 1860, puis apparition de l’éclairage électrique sur cette artère en 1888 ;
- percement à partir de 1862 de la rue Impériale (actuelle rue de la République), reliant le Vieux-Port aux bassins de la Joliette ; elle sera inaugurée en 1870 ;
- percement du tunnel ferroviaire "Prado-Carénage" en 1878 (mais il ne sera ouvert à la circulation que plus d’un siècle plus tard, transformé en tunnel routier) ;
- mise en service en 1890 d’un système de navette maritime traversant le Vieux Port : le célèbre ferry-boat.

Cette prospérité permet à la ville, qui compte à présent 500 000 habitants, de fêter somptueusement ses vingt-cinq siècles d’histoire en 1899-1900.

La Belle Époque et la Grande Guerre

Une anecdote amusante pour commencer l’histoire d’un siècle où les épisodes dramatiques foisonnent : en juillet 1901, après un grave accident automobile, le maire Siméon Flaissières fait voter un arrêté municipal limitant la vitesse pour les véhicules automobiles à 10 km/h !

Les premières années du siècle voient plusieurs manifestations témoigner de l’importance et de la vitalité de Marseille :
- en 1903, notre ville est l’une des six villes-étapes du premier Tour de France cycliste ;
- d’avril à novembre 1906, sur vingt-cinq hectares jouxtant le rond-point du Prado, l’Exposition Coloniale voit s’élever vingt palais aux pavillons des différentes colonies françaises ; elle symbolise le rôle de "Porte de l’Orient" tenu par la cité ;
- d’avril à novembre 1908, sur les mêmes lieux (baptisés entre-temps Parc Chanot), c’est la Grande Exposition Internationale d’Électricité, que le public marseillais accueille avec enthousiasme ;
- en avril 1913, le Salon International de l’Automobile se tient dans le Grand Palais du Parc des Expositions, faisant pour un temps de Marseille la capitale mondiale de l’automobile !

La modernisation des infrastructures se poursuit : création du canal de Marseille au Rhône, démolition de quartiers insalubres derrière la Bourse, extension du réseau des tramways en direction des banlieues.

La guerre de 1914-1918 va mobiliser, pour plus de quatre années, les forces vives de la ville. L’activité industrielle est intense dans les usines travaillant, de près ou de loin, pour l’armement. Plusieurs camps militaires sont installés dans la ville, ainsi que des hôpitaux, dont l’un deviendra l’Hôpital Saint-Joseph.

Son bilan est, ici comme ailleurs, effroyable : Marseille déplore 15 000 morts, sur une population estimée alors à 570 000 habitants. Monseigneur Fabre, évêque de la ville, décide de leur consacrer une basilique : l’église du Sacré-Cœur, sur l’avenue du Prado.

L’entre-deux-guerres

L’entre-deux-guerres voit Marseille reprendre le développement de ses infrastructures :
- construction de nouveaux bassins portuaires, pour atteindre plus de 25 km linéaires de quais ;
- création d’une flotte de deux-cents taxis (les célèbres "taxis verts") par un dynamique garagiste, Raoul Mattei, à l’occasion de la seconde Exposition coloniale au Parc Chanot en 1922 ;
- création de l’aéroport de Marseille-Marignane en juin de la même année ;
- début de la construction de l’escalier monumental de la gare Saint-Charles en 1923 ;
- inauguration, en décembre 1924, de l’opéra municipal, sur le site du Grand Théâtre qui avait été détruit par un incendie en 1919 ;
- projet, abandonné par la suite, d’un aéroport situé au bout de l’avenue du Prado, en bordure de plage ;
- construction, de 1934 à 1937, du stade municipal, connu depuis sous le nom de Stade Vélodrome, haut lieu de l’histoire de l’Olympique de Marseille.

Une invention, qui va rapidement devenir un des principaux éléments de l’identité marseillaise, voit le jour en 1932 dans le quartier de Sainte-Marthe : c’est celle du pastis par un jeune marseillais de vingt-trois ans, Paul Ricard.

La vie artistique marseillaise vit son âge d’or : de nombreux cabarets et music-halls (dont le plus célèbre est l’Alcazar, sur le Cours Belsunce) voient se produire des artistes tels que Fernandel, Raimu, Andrex, Rellys, Berthe Sylva, Charles Trenet, Reda Caire, Tino Rossi ou le tout jeune Yves Montand ; la chanson et l’opérette marseillaise triomphent, notamment grâce au compositeur Vincent Scotto ; le cinématographe, en pleine expansion, fait connaître Marseille au monde entier à travers l’adaptation des oeuvres théâtrales de Marcel Pagnol.

Sur le plan politique, ces années sont marquées par plusieurs événements, certains anecdotiques, d’autres tragiques :
- en juillet 1933, on annonce le passage dans notre cité de Léon Trotski et sa femme ;
- le 9 octobre 1934, l’Histoire s’écrit sur la Canebière, à quelques dizaines de mètres du Vieux-Port, lorsque le roi Alexandre Ier de Yougoslavie est assassiné par un terroriste oustachi, tandis que le ministre des Affaires Étrangères Louis Barthou, qui l’accompagnait, et plusieurs anonymes tombent sous les balles des services de police, complètement débordés ;
- Simon Sabiani, venu de l’extrême-gauche mais futur collaborateur, devient en 1935 premier adjoint du maire, avant de se discréditer en affichant des liens avec la pègre qui sévit à cette époque, notamment les fameux Carbone et Spirito ;
- le 28 octobre 1938, la Canebière vit un nouveau drame : l’incendie des "Nouvelles Galeries", qui fait 73 victimes, en partie du fait de l’incurie de certains services municipaux ; cette catastrophe est à l’origine de la mise sous tutelle de la ville par l’État en mars 1939.

La Seconde Guerre Mondiale

Pendant la "drôle de guerre" de septembre 1939 à avril 1940, le trafic portuaire et l’activité industrielle restent intenses. Le conflit proprement dit se limite à un bombardement aérien du Port en juin 1940.

Quelques jours après la capitulation, le 23 juin 1940, le vice-amiral à la retraite Émile Muselier quitte Marseille à bord du charbonnier anglais Cydonia en direction de Gibraltar, d’où il gagne Londres en hydravion. Il jouera les premiers rôles dans l’histoire de la Résistance.

L’année 1941 est relativement calme ; par contre 1942 est plus pénible pour les Marseillais :
- les difficultés de ravitaillement et le chauffage se multiplient, d’autant plus après la dramatique explosion de l’usine à gaz des Crottes le 23 février ;
- le 14 juillet, une manifestation patriotique sur la Canebière est brutalement réprimée par des hommes de main de Simon Sabiani, qui tirent sur la foule ;
- l’occupation de la "zone libre" par les troupes allemandes à partir du 11 novembre se traduit par l’instauration d’un couvre-feu et l’aggravation de la pénurie alimentaire.

En 1943, les épreuves perdurent :
- Une rafle suivie de déportations décime le quartier du Panier, lequel est ensuite dynamité par l’armée allemande (quatorze hectares de la vieille ville sont détruits) ;
- le "Service du Travail Obligatoire" se met en place ; jusqu’en juillet 1944, ce sont 18 000 marseillais qui sont forcés de partir travailler en Allemagne, dont 2000 ne reviendront pas ;
- tous les hommes de 16 à 60 ans participent, dans le cadre du "Service des six jours", à la construction du "mur de la Méditerranée" en édifiant un rempart de béton, hérissé de blockhaus, entre les quartiers de Bonneveine et du Roucas-Blanc ;
- la répression contre les résistants s’appesantit ;
- un bombardement anglo-américain le 2 décembre sème la terreur dans le quartier de Saint-Louis, faisant 50 morts.

En 1944, l’occupation allemande se fait de plus en plus écrasante, et la répression, menée conjointement par la Gestapo et la Milice, s’exacerbe contre une Résistance qui monte en puissance.

Mais l’événement dramatique resté, soixante ans plus tard, dans la mémoire collective, est le raid aérien américain qui détruit une grande partie de la ville le 27 mai 1944. En quelques minutes, plus de huit-cents bombes sont larguées de très haute altitude par cent vingt forteresses volantes, faisant 1976 morts, près de 3000 blessés et plus de 20 000 sinistrés.

Le débarquement en Provence du 15 août amène l’occupant à faire sauter les installations portuaires : plus de 200 navires sont coulés et le célèbre pont transbordeur détruit. La libération de Marseille, commencée le 22 août, s’achève le 28 par la capitulation du commandement allemand à Marseille. L’épuration obéit malheureusement aux mêmes règles que dans le reste du pays...

De l’après-guerre à nos jours

La fin des années quarante voit Marseille panser ses plaies : déblaiement des bassins portuaires, réparation des quais, construction de nouveaux immeubles (tels ceux du quai du Port, oeuvre de l’architecte Fernand Pouillon).

Marseille s’adapte à l’automobile : du quartier des Chartreux à celui de la Timone, on procède à la couverture du Jarret (rivière affluent de l’Huveaune) pour en faire une rocade à six voies. Le projet d’autoroute "Nord" est lancé.

Au 280 du boulevard Michelet, est débutée en 1947 la construction de la célébrissime "Cité radieuse" de l’architecte suisse Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier. Les Marseillais adopteront cet édifice, jalon dans l’histoire de l’architecture moderne, en le baptisant toutefois affectueusement "la maison du fada".

A partir des années cinquante, d’autres constructions, hélas moins prestigieuses, vont bon train : celles d’ensembles HLM avec leurs tours et leurs barres... Ils permettront toutefois de faire face à la crise du logement.

Les années soixante sont marquées par la décolonisation, en particulier l’indépendance de l’Algérie en 1962, qui entraîne un rapatriement massif et dramatique de millions de Français, dont plus de 100 000 choisissent notre ville pour s’y établir.

Sur le plan économique, l’activité portuaire a également à souffrir de la fermeture du canal de Suez en 1967. Toutefois le complexe portuaire de Fos et les aménagements du port de Lavéra complètent le rôle traditionnel du port de Marseille, lui permettant de conserver son rang grâce, notamment, à l’essor des activités pétrochimiques.

Sous les municipalités Gaston Defferre (maire sans interruption de 1953 à 1986, plus long mandat municipal dans l’histoire de Marseille), la ville s’équipe efficacement : construction de l’hôpital Nord (premier CHU de France) puis de celui de la Timone, ouverture du tunnel routier sous le Vieux-Port, mise en service du métro, création de technopôles à Luminy et à Château-Gombert...

Ses successeurs (Robert P. Vigouroux de 1986 à 1995 puis Jean-Claude Gaudin de 1995 à nos jours) contribuent ensuite, chacun à leur manière, à préparer la cité à son vingt-septième siècle, puis à l’y installer...

La Belle Époque et la Grande Guerre

Une anecdote amusante pour commencer l’histoire d’un siècle où les épisodes dramatiques foisonnent : en juillet 1901, après un grave accident automobile, le maire Siméon Flaissières fait voter un arrêté municipal limitant la vitesse pour les véhicules automobiles à 10 km/h !

Les premières années du siècle voient plusieurs manifestations témoigner de l’importance et de la vitalité de Marseille :
- en 1903, notre ville est l’une des six villes-étapes du premier Tour de France cycliste ;
- d’avril à novembre 1906, sur vingt-cinq hectares jouxtant le rond-point du Prado, l’Exposition Coloniale voit s’élever vingt palais aux pavillons des différentes colonies françaises ; elle symbolise le rôle de "Porte de l’Orient" tenu par la cité ;
- d’avril à novembre 1908, sur les mêmes lieux (baptisés entre-temps Parc Chanot), c’est la Grande Exposition Internationale d’Électricité, que le public marseillais accueille avec enthousiasme ;
- en avril 1913, le Salon International de l’Automobile se tient dans le Grand Palais du Parc des Expositions, faisant pour un temps de Marseille la capitale mondiale de l’automobile !

La modernisation des infrastructures se poursuit : création du canal de Marseille au Rhône, démolition de quartiers insalubres derrière la Bourse, extension du réseau des tramways en direction des banlieues.

La guerre de 1914-1918 va mobiliser, pour plus de quatre années, les forces vives de la ville. L’activité industrielle est intense dans les usines travaillant, de près ou de loin, pour l’armement. Plusieurs camps militaires sont installés dans la ville, ainsi que des hôpitaux, dont l’un deviendra l’Hôpital Saint-Joseph.

Son bilan est, ici comme ailleurs, effroyable : Marseille déplore 15 000 morts, sur une population estimée alors à 570 000 habitants. Monseigneur Fabre, évêque de la ville, décide de leur consacrer une basilique : l’église du Sacré-Coeur, sur l’avenue du Prado.

L’entre-deux-guerres

L’entre-deux-guerres voit Marseille reprendre le développement de ses infrastructures :
- construction de nouveaux bassins portuaires, pour atteindre plus de 25 km linéaires de quais ;
- création d’une flotte de deux-cents taxis (les célèbres "taxis verts") par un dynamique garagiste, Raoul Mattei, à l’occasion de la seconde Exposition coloniale au Parc Chanot en 1922 ;
- création de l’aéroport de Marseille-Marignane en juin de la même année ;
- début de la construction de l’escalier monumental de la gare Saint-Charles en 1923 ;
- inauguration, en décembre 1924, de l’opéra municipal, sur le site du Grand Théâtre qui avait été détruit par un incendie en 1919 ;
- projet, abandonné par la suite, d’un aéroport situé au bout de l’avenue du Prado, en bordure de plage ;
- construction, de 1934 à 1937, du stade municipal, connu depuis sous le nom de Stade Vélodrome, haut lieu de l’histoire de l’Olympique de Marseille.

Une invention, qui va rapidement devenir un des principaux éléments de l’identité marseillaise, voit le jour en 1932 dans le quartier de Sainte-Marthe : c’est celle du pastis par un jeune marseillais de vingt-trois ans, Paul Ricard.

La vie artistique marseillaise vit son âge d’or : de nombreux cabarets et music-halls (dont le plus célèbre est l’Alcazar, sur le Cours Belsunce) voient se produire des artistes tels que Fernandel, Raimu, Andrex, Rellys, Berthe Sylva, Charles Trenet, Reda Caire, Tino Rossi ou le tout jeune Yves Montand ; la chanson et l’opérette marseillaise triomphent, notamment grâce au compositeur Vincent Scotto ; le cinématographe, en pleine expansion, fait connaître Marseille au monde entier à travers l’adaptation des oeuvres théâtrales de Marcel Pagnol.

Sur le plan politique, ces années sont marquées par plusieurs événements, certains anecdotiques, d’autres tragiques :
- en juillet 1933, on annonce le passage dans notre cité de Léon Trotski et sa femme ;
- le 9 octobre 1934, l’Histoire s’écrit sur la Canebière, à quelques dizaines de mètres du Vieux-Port, lorsque le roi Alexandre Ier de Yougoslavie est assassiné par un terroriste oustachi, tandis que le ministre des Affaires Étrangères Louis Barthou, qui l’accompagnait, et plusieurs anonymes tombent sous les balles des services de police, complètement débordés ;
- Simon Sabiani, venu de l’extrême-gauche mais futur collaborateur, devient en 1935 premier adjoint du maire, avant de se discréditer en affichant des liens avec la pègre qui sévit à cette époque, notamment les fameux Carbone et Spirito ;
- le 28 octobre 1938, la Canebière vit un nouveau drame : l’incendie des "Nouvelles Galeries", qui fait 73 victimes, en partie du fait de l’incurie de certains services municipaux ; cette catastrophe est à l’origine de la mise sous tutelle de la ville par l’État en mars 1939.

La Seconde Guerre Mondiale

Pendant la "drôle de guerre" de septembre 1939 à avril 1940, le trafic portuaire et l’activité industrielle restent intenses. Le conflit proprement dit se limite à un bombardement aérien du Port en juin 1940.

Quelques jours après la capitulation, le 23 juin 1940, le vice-amiral à la retraite Émile Muselier quitte Marseille à bord du charbonnier anglais Cydonia en direction de Gibraltar, d’où il gagne Londres en hydravion. Il jouera les premiers rôles dans l’histoire de la Résistance.

L’année 1941 est relativement calme ; par contre 1942 est plus pénible pour les Marseillais :
- les difficultés de ravitaillement et le chauffage se multiplient, d’autant plus après la dramatique explosion de l’usine à gaz des Crottes le 23 février ;
- le 14 juillet, une manifestation patriotique sur la Canebière est brutalement réprimée par des hommes de main de Simon Sabiani, qui tirent sur la foule ;
- l’occupation de la "zone libre" par les troupes allemandes à partir du 11 novembre se traduit par l’instauration d’un couvre-feu et l’aggravation de la pénurie alimentaire.

En 1943, les épreuves perdurent :
- Une rafle suivie de déportations décime le quartier du Panier, lequel est ensuite dynamité par l’armée allemande (quatorze hectares de la vieille ville sont détruits) ;
- le "Service du Travail Obligatoire" se met en place ; jusqu’en juillet 1944, ce sont 18 000 marseillais qui sont forcés de partir travailler en Allemagne, dont 2000 ne reviendront pas ;
- tous les hommes de 16 à 60 ans participent, dans le cadre du "Service des six jours", à la construction du "mur de la Méditerranée" en édifiant un rempart de béton, hérissé de blockhaus, entre les quartiers de Bonneveine et du Roucas-Blanc ;
- la répression contre les résistants s’appesantit ;
- un bombardement anglo-américain le 2 décembre sème la terreur dans le quartier de Saint-Louis, faisant 50 morts.

En 1944, l’occupation allemande se fait de plus en plus écrasante, et la répression, menée conjointement par la Gestapo et la Milice, s’exacerbe contre une Résistance qui monte en puissance.

Mais l’événement dramatique resté, soixante ans plus tard, dans la mémoire collective, est le raid aérien américain qui détruit une grande partie de la ville le 27 mai 1944. En quelques minutes, plus de huit-cents bombes sont larguées de très haute altitude par cent vingt forteresses volantes, faisant 1976 morts, près de 3000 blessés et plus de 20 000 sinistrés.

Le débarquement en Provence du 15 août amène l’occupant à faire sauter les installations portuaires : plus de 200 navires sont coulés et le célèbre pont transbordeur détruit. La libération de Marseille, commencée le 22 août, s’achève le 28 par la capitulation du commandement allemand à Marseille. L’épuration obéit malheureusement aux mêmes règles que dans le reste du pays...

De l’après-guerre à nos jours

La fin des années quarante voit Marseille panser ses plaies : déblaiement des bassins portuaires, réparation des quais, construction de nouveaux immeubles (tels ceux du quai du Port, oeuvre de l’architecte Fernand Pouillon).

Marseille s’adapte à l’automobile : du quartier des Chartreux à celui de la Timone, on procède à la couverture du Jarret (rivière affluent de l’Huveaune) pour en faire une rocade à six voies. Le projet d’autoroute "Nord" est lancé.

Au 280 du boulevard Michelet, est débutée en 1947 la construction de la célébrissime "Cité radieuse" de l’architecte suisse Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier. Les Marseillais adopteront cet édifice, jalon dans l’histoire de l’architecture moderne, en le baptisant toutefois affectueusement "la maison du fada".

A partir des années cinquante, d’autres constructions, hélas moins prestigieuses, vont bon train : celles d’ensembles HLM avec leurs tours et leurs barres... Ils permettront toutefois de faire face à la crise du logement.

Les années soixante sont marquées par la décolonisation, en particulier l’indépendance de l’Algérie en 1962, qui entraîne un rapatriement massif et dramatique de millions de Français, dont plus de 100 000 choisissent notre ville pour s’y établir.

Sur le plan économique, l’activité portuaire a également à souffrir de la fermeture du canal de Suez en 1967. Toutefois le complexe portuaire de Fos et les aménagements du port de Lavéra complètent le rôle traditionnel du port de Marseille, lui permettant de conserver son rang grâce, notamment, à l’essor des activités pétrochimiques.

Sous les municipalités Gaston Defferre (maire sans interruption de 1953 à 1986, plus long mandat municipal dans l’histoire de Marseille), la ville s’équipe efficacement : construction de l’hôpital Nord (premier CHU de France) puis de celui de la Timone, ouverture du tunnel routier sous le Vieux-Port, mise en service du métro, création de technopôles à Luminy et à Château-Gombert...

Ses successeurs (Robert P. Vigouroux de 1986 à 1995 puis Jean-Claude Gaudin de 1995 à nos jours) contribuent ensuite, chacun à leur manière, à préparer la cité à son vingt-septième siècle, puis à l’y installer...

PRESENTATION GENERALE

Situation géographique

Marseille est située au sud de la France, sur les bords de la mer Méditerranée, à 5° 23’ de longitude est et 43° 18’ de latitude nord.

A environ 50 km à l’est du delta du Rhône, elle est la capitale de la Provence et le chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône.

Elle est, à vol d’oiseau, à 783 km de Paris, 319 km de Lyon, 160 km de Nice et 335 km de Barcelone.

Les Marseillais

En tant que port réputé depuis l’antiquité, Marseille possède une population très cosmopolite. Aux fondateurs grecs, aux romains, aux riverains de la Méditerranée (Niçois, Corses, Catalans, Gênois...) attirés au fil des siècles par son commerce, aux Français de toutes régions, se sont agrégés au XXe siècle des Italiens, des Espagnols, des Arméniens en exil, puis des Indochinois, des Français rapatriés d’Afrique du Nord, des Africains du Maghreb, d’Afrique noire, de Madagascar, des Comores...

Marseille compte quelques 795 000 habitants (recensement de 2004), ce qui en fait la seconde ville de France, après Paris.

Le marseillais est réputé pour son caractère jovial, enthousiaste et - parfois - porté à l’exagération. Il est hospitalier, généreux et sûr en amitié, toutes qualités indispensables à un bon Lion.

Blason de Marseille

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